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Interview Violaine de Marsangy
Journaliste |
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"Je reste un peu amère quand j’entends les ricanements
de ceux qui à l’époque n’ont pas osé se lancer et qui aujourd’hui se
réjouissent mesquinement de l’échec des courageux..."
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De Trader de matières premières chez Louis Dreyfus
Négoce, puis Responsable logistique pour Action Contre la faim en Corée
du Nord, et Directrice Générale de 4uman, quelles expériences vous ont
poussée aujourd’hui vers le journalisme ?
Depuis longtemps déjà, je souhaitais travailler dans le journalisme mais je
n’ai jamais eu vraiment l’occasion et surtout le courage de me lancer.
Ce n’est pas évident de lâcher un job où a priori tout se passe bien
pour démarrer dans un milieu quelque peu hostile et où on n’est pas
sûr de réussir. Mais l’année que j’ai passée en Asie avec Action Contre
la Faim m’a énormément marquée et j’ai eu envie de témoigner. C’est
comme ça que j’ai commencé à écrire. Et puis, c’est en passant justement
du négoce de matières premières, à l’humanitaire et à l’Internet que
je me suis rendu compte qu’un tas de choses m’intéressait, que j’avais
envie d’en savoir plus. Et c’est cela qui me plaît dans le journalisme,
le travail d’investigation et d’analyse. Il y a un, j’ai été licenciée
(l’éclatement de la bulle Internet). J’avais la sécurité du chômage
et l’envie de démarrer quelque chose de nouveau. C’était le bon moment
pour tenter ma chance dans le journalisme. J’ai fait des piges à droite
à gauche, ça m’a bien plu, alors pour le moment je continue.
Au cœur des problématiques d’Internet grâce à
votre expérience chez 4uman, quel bilan en tirez-vous ?
J’ai appris une chose essentielle : si je devais créer une société demain,
je le ferais sans faire appel au capital risque et sans faire de plans
sur 5 ans… Je chercherais d’abord quelques clients avant de me lancer,
en restant lucide, réaliste, sans avoir les yeux plus gros que le ventre.
Mais je pense que cet engouement pour les start-up a été très bénéfique.
Il a désinhibé beaucoup de jeunes et donné des ailes aux créateurs souvent
frustrés par une ambiance peu motivante et peu motivée par la nouveauté.
Mais j’avoue que je reste un peu amère quand j’entends les ricanements
de ceux qui à l’époque n’ont pas osé se lancer et qui aujourd’hui se
réjouissent mesquinement de l’échec des courageux.
Pensez-vous que les notions de « commerce citoyen
» ou « d’achat solidaire » aient un impact (et une écoute) aujourd’hui
dans le Paysage Internet Français ?
Oui, absolument. Internet finalement est le miroir de ce qu'il se passe
dans le monde réel, et même parfois le déclencheur de nouvelles idées
ensuite reprises, comme par exemple 4uman. On parle beaucoup de l’achat
citoyen, lancé par 4uman.com. La grande distribution s’intéresse de
plus en plus au commerce équitable, la notion de produits partagés existe
depuis longtemps. Les acteurs de cette mouvance ont tout intérêt à rebondir
sur Internet.
Internet et la presse font-ils bon ménage ?
Bien sûr. Surtout dans la presse hebdomadaire et mensuelle où Internet
est le relais au quotidien.
La tendance actuelle serait au passage du gratuit
au payant, notamment pour l’accès aux contenus des sites de presse.
Qu’en pensez-vous ?
C’est déjà souvent le cas pour les archives. En tant qu’utilisatrice
je ne trouve pas cela génial… Mais vu l’état assez sinistré de la presse
actuellement, je trouve cela normal que les journaux essayent de gagner
de l’argent là où ils ont investi.
Quelles grandes tendances voyez-vous se profiler
pour la presse en ligne ?
Je pense que c’est un service indispensable, que beaucoup de lecteurs
sont contents de s’informer sur Internet ou d’y rechercher des archives.
Mais je pense que le tout gratuit est en train de disparaître, que ces
services sont maintenant de plus en plus payants et je trouve cela tout
à fait normal. Ce qui n’empêche pas de lire les actualités gratuitement
et d’être abonné à des newsletters de qualité gratuites également.
Le métier de « journaliste on-line » a-t-il des
particularités propres ?
Il faut être très réactif et peut-être avoir un style plus direct, des
phrases courtes, simples, sinon l’internaute ne comprend rien… |
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